samedi 12 mai 2018

Pailler ou pas pailler - conclusion: pailler oui mais...

Le but est 
d'avoir un sol couvert et dense et varié
de plantes vivantes 
le plus longtemps de l'année 


"Chacun fait ce qu'il peut, ce qu'il juge possible et probable. L'expérience permet d'affirmer, d'ajuster ou d'invalider. Je témoigne de mon chemin , il y en a d'autres. "

Vu mes réflexions à ce sujets, vu mes observations de la nature spontanée, vu l'évolution du jardin,  je décide de ne plus pailler "épais" le terrain avec les matériaux "morts"et  apportés d'ailleurs, du magasin, du voisin, d'autres parcelles du jardin. D'ailleurs, je pense que le but est de faire pousser une végétation le plus longtemps que possible, de couvrir le sol et remplir le sous-sol par les racines qui s'entrelacent, se touchent.

Donc, cette année 2018, je sème et plante dans deux terrains différents:

1° une partie qui reste enherbée jusqu'à la floraison des végétaux spontanés ( mi-mai en 2018 ) prévue pour tomates, haricots, salades, carottes, betteraves..  A ce jour, elle est en train de fleurir, végétation 70cm environs selon les lieux.

2° une autre qui a été paillée avec les épluchures non décomposées de la maison et des feuilles des noisetiers du jardin tout l'hiver jusqu’au semis en avril 2018  : ce terrain était donc assez "propre", juste quelques chiendents ici et là au moment de semis mi-avril 2018: pois, carottes, radis, salades.
Je pratique le semis dense, je ne paille pas le terrain après le semis, il est couvert de légumes et "mauvaises herbes" qui lèvent spontanément.



Le but est de ne pas pailler le sol à tout prix, mais d'avoir un sol couvert de plantes vivantes toute l'année selon la saison. 
Le but est d'obtenir un mélange de population de végétaux comestibles cultivées et spontanés, de plantes de différentes espèces et familles, à des âges différentes, aux cycles différents sur le même mètre carré. La composition de plantes est donnée par mes choix de légumes et par le sol lui-mème qui fait pousser de plantes spontanées que j'intègre.

Surtout, je ne ramènerai plus le paillis ou le compost ou la tonte ou le terreau ou le fumier d'ailleurs. Le paillis cela veut dire les molécules, et comment on peut savoir de quoi, de quelles molécules a besoin le sol en ce moment de l'année, après l'hiver froid et inondé et le printemps sec et chaud?
Surtout sur un terrain non homogène? Aux caractères, aux pentes, aux ensoleillement, à la végétation présente variée? 







vendredi 11 mai 2018

Pailler ou ne pas pailler...

Avertissement: ceci est une réflexion basée sur l'observation de l'évolution de la végétation spontanée du jardin. 

Je suis en train de préparer une petite synthèse à ce sujet.
Selon mes expériences sur le terrain ardennais, à Charleville.
Le jardin n'est pas retourné, n'a pas reçu aucun engrais minéral NPK, ni de purin, ni de bouillie ni aucun autre traitement depuis plusieurs années.
J'ai suivi les idées émanant du milieu de la permaculture, de l'agroécologie, du maraîchage sur sol vivant...
Le paillage permanent, la couverture du sol permanente pour créer un sol riche pour nourrir les plantes et stocker de l'eau dans le sol grâce à la constitution du complexe argilo-humique, faire tout pour avoir de l'humus dans le sol...Laisser les racines dans le sol. Ne pas retourner le sol.
J'ai acheté une fois la paille chez un agriculteur local, il s'en est suivi un élevage des limaces (je n'ai rien contre elles, mais cela a entraîné quelques pertes...).

Depuis je paille une partie des plate-bandes avec les feuilles de nos noisetiers et les fanes des vivaces courant septembre et octobre et des épluchures de la maison et j'ajoute la tonte du gazon courant la saison de tonte (je récupère la tonte du voisin).

Le résultat constaté en 2017 et 2018 (deux années successives de printemps sec avec un hiver humide - inondation en 2018):

apparition de zones suivantes:
zone paillée: cirses, géraniums à feuilles découpées, fenouil sauvage
zone paillée: chiendent et liseron des champs
zone laissé à nu : prêle des champs
zone enherbement spontané pas de paillage : bouton d'or (renoncule rampante) et consoude énorme

J'ai remarqué aussi, que les zones du jardin laissées en friche,  fauchées une fois ou deux dans l'année se portent bien, végétation haute, saine, pas de cirses, pas de chiendents, pas de bouton d'or ou alors un ici et là...

J'en est tiré quelques conclusions et hier, j'ai enlevé une partie du paillage du jardin.
J'arrête d'apporter de la tonte du gazon sur les plate-bandes à l'ombre du jardin.

J'y vais semer rapidement un mélange des graines, des légumes et j'espère lever la dormance de plantes sauvages.

Le paillage peut être une solution ou plutôt une complication , selon l'exposition du terrain au soleil, selon la nappe phréatique et son évolution dans l'année, selon le sol contenant beaucoup de bases ou pas, selon la pente....

J'y reviens encore...

jeudi 10 mai 2018

Une petite méditation poétique

Paul de Roux, Le soleil dans l’œil, Ed. Gallimard 1998

Soleil

Dernier dieu que j'adore, soleil,
si j'incline vers toi mon visage
c'est vers l'amabilité des plantes,
des lits de roche, des ruisseaux,
par toi tout m'agrée encore:
plus petit le crédit de vie
et de jeunesse, plus tes rayons
ont de prix - s'ils se dérobent
toute fleur m'est retirée.




mercredi 9 mai 2018

Un jardin relié aux corps et à la nature

Je suis en train d'imaginer un nouveau concept d'aménagement des espaces du dehors, à l’extérieur, je l'appellerais le jardin relié . 

Mon jardin privé est une esquisse de ce type de parc - potager - verger - lieu de repos - de balade - d'observation de saisons - de floraison..., un lieu de silence et de méditation, de réflexion, un jardin thérapeutique et pédagogique, un jardin d'écoute sans jugements, de confidence.... d'autres fonctions sont à ajouter selon les besoins ...

Un jardin relié au vent et à la pluie, aux plantes spontanées comme l'expression de la vitalité du terrain et de ses besoins, relié aux autres à travers les aliments qu'il produit et des inspirations qu'il offre, relié à la terre à la roche minérale à travers des composantes des aliments et des parfums qu'il offre. Relié aux ondes invisibles à travers des couleurs, des feuillages filtrants du spectre lumineux et des sons particulier des espaces vivants végétaux, des bruissement des feuilles, le crissement sous les pieds à l'automne après la chute des feuilles, le bruit de la pluie qui tambourine le sol...Et les parfumes humides après la pluie ou sec, poussiéreux avant la pluie...
 

En faisant le point sur mes activités régulières dans mon "jardin relié", je passe autant de temps dans l'entretien de bordures et des allées, de petites créations esthétiques que pour les semis et les plantations.

Le potager, le verger sont en fait intégrés dans un espace naturel plus large, avec des îlots d'herbes sauvages, des fraisiers sauvages , tout est accessible par les allées et les petits sentiers tondus à la tondeuse manuelle et légère premier prix.

La végétation locale du jardin peut s'exprimer dans les îlots "friche temporaire" et dans le potager en guise de  "l'engrais vert spontané" où le couvert vivant.
Elle exprime le caractère du lieu et rééquilibre le sol. 

J'ai dessiné des allées, des sentiers, des chemins d'accès aux plates-bandes de légumes, pour pouvoir déambuler au milieu des arbres fruitiers, s'asseoir à l'ombre d'un vieux pommier devant un îlot d'herbes hautes se balançant dans le vent, un tapis de pissenlits jaunes parsemé du bleu des myosotis...Au mois de mai évidemment.

Aujourd'hui, je viens de créer des gerbes de graminées, vivantes, très esthétiques.
Tout cela est éphémère et change avec les saisons. C'est de l'art vivant, périssable, impermanent.
  

Semis et plantations dans la "prairie haute"

Le mois de mai est pour moi un mois charnier. Le temps est ensoleillé, sans pluie.
Les semis de fin d'avril et du début mai sont terminés, pois - carotte/panais/persil - radis - salades et les pommes de terre.
Une deuxième phase des semis et des repiquage m'attend.


Selon le calendrier des floraisons, 
l'aubépine et le sureau en fleurs
indiquent le temps idéal 
pour tomates, haricots, courges et carottes de gardes, fenouils.... 

Dans les Ardennes, à Charleville, l'aubépine est déjà bien en fleur, le sureau commence à s'épanouir en haut des ses branches.
Les pommiers font tomber leurs pétales, le lilas fleurit mais commence à brunir, les marguerites et les iris  commencent à fleurir. Les pissenlits grainent et leur couleur jaune est remplacée par les boutons d'or radieux.
Les herbes des prairies à faucher sont fleuries et hautes. 


Je commence à préparer les plate-bandes pour les tomates et le semis de fin mai/début juin pour la deuxième tournée des légumes racines prévus pour l'hiver , et pour le semis des haricots, des courgettes, des salades.

Ces plates bandes sont enherbées spontanément (pas d'engrais vert acheté) depuis la fin de culture de l'hiver dernier.
Une prairie fleurie haute
💚 
constituée des herbes levées spontanément 
levées quand elles ont pu
où elles ont pu 
 💚💚
selon mon imaginaire concernant le fonctionnement de la vie, 
selon mes hypothèses concernant la vie des plantes et la constitution du sol , les échanges minérales , l'homéostasie,
je  décide
de ne pas intervenir dans la composition florale
💚💚💚
je décide 
  de laisser pousser 
pendant des mois entiers et surtout en plein printemps
quant nos champs et jardins potagers sont si souvent morts encore

Aucune intervention sauf quelques observations et prises de photos. Laisser pousser. Jusqu'à la floraison.
La préparation consiste donc à couper, à raser la végétation spontanée haute installée sur place, on produit en faite le foin. J'utilise une simple binette pour cela. On peut même coucher la végétation si elle s'y prête. Je rase, je coupe en laissant les racines dans le sol, je n'extirpe rien.
Et semer et planter des tomates dans cette litière-foin, ou l'écarter pour semer les carottes...

Ci-dessous la photo prise d'une plate-bande avant et après le rasage de la végétation haute fin avril 18. Les ails poussent dans les graminées.
avant le rasage de la végétation haute (vu fin avril 2018)
  
après le rasage de la végétation, dégagement des ails ( vu du 07mai 2018)
C'est sur cette terre recouverte de foin produit par la terre elle-même (pas d'achats de foin, de paille) que je vais planter et semer.  La terre sous la végétation est humide et meuble.










samedi 5 mai 2018

Balade poétique du 05 mai 2018 sur le sentier de l'île de Montcy Saint Pierre

 Le sentier en terre battue, rare et donc précieux ces temps-ci, avec les bordures en massifs naturels, spontanés, haut de 80cm par moment voire plus, composées de massifs fleuris d'alliaires, de cerfeuils des bois, d'orties, de renoués de Japon....Les sous-bois se développent sous le jeune feuillage transparent des érables, tilleuls, sureaux, acacias, saules et autres arbres et arbustes. Le feuillage crée, sélectionne un spectre lumineux particulier, et le marcheur est enrobé de vert, avance dans du vert. L'eau devient verte elle aussi, les arbres s'y penchent, s'y reflètent.






Balade botanique du 05 mai 2018 - aubépines, alliaires, cérfeuiles, lamiers, véroniques



renoncule rampante- fraisier - mauve


ails - champignons

lamier blanc vu d'en dessous

plantain et bleuet de montagne

pissenlit avant de disperser ses graines


fleurs du fraisier sous le feuillage des mauves


massif des cerfeuils des bois

sous les feuilles des orties



l'alliaire en fleur


la consoude aux feuilles gaufrées et bourrées de minéraux

le sureau va bientôt fleurir


La floraison des aubépines est en cours.
Forte odeur se dégage de ses arbustes.










géranium des Pyrénées ?


une odeur délicate et très agréable ce dégage de cette plante



derrière le rassemblement des...

des pâquerettes


véroniques ....



la floraison en cours des pimprenelles abondantes  sur les talus