lundi 24 décembre 2018

Brume


Akira Yoshimura « Le convoi de l’eau » Ed. Actes Sud

 « Les dernières lueurs du soir commençaient déjà à se retirer, une traîne de lumière vive remontait à grande vitesse le long de la pente nue. Le crépuscule pesait, et du sommet des habitations s’élevait  de légères fumées qui se dissipaient dans l’air du soir. »
« Des nappes de brume tombaient lentement comme des coulées de neige sur la pente nue de la montagne tout autour. Et ces nappes de brume se rassemblant progressivement au- dessus du hameau, une couche épaisse vint recouvrir le sommet de la vallée. »

Nuages


Max Alhau « Le temps au crible »  Terre d’asile,Ed. Herbe qui tremble

« Tu pourrais croire à la proximité du ciel en contemplant ces nuages qui ceignent les cimes et tu dirais que ni le haut ni le bas ne s’opposent, ainsi que de la source à l’embouchure il n’y a qu’une eau qui s’affranchit de ses limites, oublieuse de ses berges.
Pourtant tu reviens vite à ces montagnes, au silence qui dérive vers une paix dont le vert accrédite la présence, un vert, ou plutôt des verts, ceux des prairies, ceux des sapins, des épicéas, des mélèzes.
Tu glisses ainsi d’un horizon à un autre, simplement étonné d’une telle confiance envers des paysages qui te le rendent bien. »

Les yeux fermés

Medoruma Shun « L’âme de Kotaro contemplait la mer » Ed. Zulma 2014

«  …. Moi, j’aimais bien me tenir dans la clairière du sanctuaire, les yeux fermés j’écoutais le chant d’oiseaux, les insectes et le bruissement des feuilles, je respirais l’odeur de la forêt, un mélange de feuilles mortes, de terre, d’eau, de fleurs et d’écorce d’arbres, je sentais que les divinités de la forêt sacrée me regardaient. Je restais debout et j’avais l’impression de devenir un arbre ou une plante, mon corps bourgeonnait ici et là, des fleurs s’épanouissaient au bout de mes doigts,… »

Chaque humain peut apporter l'excellent


Ernst Junger « Sur les falaises de marbre » Ed. L’imaginaire de Gallimard 1942 traduction Henri Thomas

« …Toute chose exquise est un présent du hasard, le meilleur en la vie est gratuit. 
Il avait pour principe de traiter les hommes qui nous approchaient comme autant de rares trouvailles découvertes au fil d’un long voyage.
(Les hommes), ils formaient l’aristocratie naturelle de ce monde et chacun d’eux peut nous apporter l’excellent. Il les concevait comme des réceptacles du merveilleux, et, créatures suprêmes, il leur accordait des droits princiers. Et réellement, je voyais tous ceux qui l’approchaient s’épanouir comme des plantes qui s’éveillent du sommeil hivernal, non point qu’ils devinssent meilleurs, mais parce qu’ils devenaient davantage eux-mêmes. »






Solstice d'hiver / Pleine Lune / Noël

Cet instant de l'année, entre le 21 décembre et le 25 décembre est marqué par un triple évènement pour les Européens.
Nos ancêtres païens, observateurs des phénomènes naturels, sans la télévision ni le téléphone, passaient leur temps à scruter le ciel. Et en ce moment, le ciel offre un spectacle.
La pleine Lune éclaire les nuits avec les lampadaires.
Le jour est le plus court de l'année. C'est le solstice d'hiver.
Dorénavant, même si cela ne se voit pas encore, le jour entame sa croissance et la nuit va céder   la place à la lumière.
Enfin, certains parmi nous, parmi vous, pensent à la naissance d'un enfant un peu particulier aux pouvoirs magiques. C'est Noël.

Bonnes fêtes à tous les jardins, à tous les jardiniers.

Nolwenn Leroy Douce Nuit